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11.04.2009
Mélodie en sous sol
Hier, je suis sortie de ma léthargie pour tenter un safari : non, il ne s'agissait pas de tuer de pauvres petites bestioles innocentes, mais plutôt d'affronter la parisienne sauvage. Pour être plus claire, je devais rejoindre un ami dans le temple de la hypitude-ultra-fashion, le restaurant de Colette. Comment ça "le restaurant de Colette"? Non je ne parle pas du resto routier de Pontault -Combault où la patronne a 93 ans, s'appelle Colette, a de la moustache plus que de raison et s'entête à servir de la purée pour déjeuner. Je parle du restaurant du magasin Colette, rue Saint-Honoré. Ca y est tu piges, Jean-Jacques?
Déjà quand on voit le magasin avec ses vestes Gareth Pugh en vitrine (un brin Star Trek pour des vestes à plus de 1000 euros), on s'imagine que le resto doit être dans le même style. Dans le mille, Emile.
Je suis arrivée avant mon ami, donc il a fallu que je me rende crédible (c'est à dire que je "simule"...d'avoir l'air occupée). J'ai donc tapé frénétiquement sur mon iPhone et ai inventé des priorités très prioritaires histoire de noircir les pages de mon agenda, l'air blasée "OMG (Oh My God) je suis overbookée de la life". Et un mec plus mannequin que serveur m'a tendu la carte. Carte très étrange : cinq pages de boissons diverses, variées, exotiques donc incompréhensibles pour une page avec trois plats qui se battaient en duel. Parce que le resto de miss Coco n'est pas un resto, c'est un water bar. La parisienne ne mange pas, elle vient se délecter d'eau pure (tu parles à 6 euros la bouteille de flotte, tu peux avoir le teint frais. Entre nous, qu'est-ce qui ressemble plus à de la flotte que de la flotte? Au final, tu fais pipi tout l'aprem. Au moins en faisant semblant de t'y connaître en vin, tu peux au moins espérer finir un brin saoûle. Là, c'est peine perdue). J'ai donc tenté de trouver de quoi m'alimenter au milieu de 345 sortes d'eaux différentes. Mais la parisienne surveille sa ligne. Aussi Colette (ou plutôt son cuisinier pakistanais exploité) propose de la cuisine basse calories et chic (traduction : insipide et chère). Au choix, pâtes (lustucru) à la sauce tomate mais avec de la salade ou quiche aux artichauts (avec de la salade), soufflé aux aubergines (avec de la salade)...Est-ce qu'il y a aussi de la salade avec les desserts parce que je vais finir par croire qu'ils ont eu un prix de gros à Rungis. Pour les desserts, ça restera un mystère, la parisienne ne prend pas de dessert, ça fait grossir (et puis à 9 euro le fromage blanc, tu te dis que c'est bien le moment de commencer un régime). Le clou du spectacle? Quand le serveur-mannequin lobotomisé s'est rendu compte qu'il ne savait pas compter et qu'il m'avait fait payer dix euros de moins par rapport à ma commande. Forcément, quand on bouffe de la salade toute la journée, on n'a plus d'énergie pour compter...

20:11 Publié dans Gourmandises parisiennes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, colette, hype




Commentaires
Acceptent te t-ils la populace dépourvue de Rolex?
Écrit par : benoist | 13.04.2009
Certainement mais certains endroits doivent être plus accueillants, moins chers et meilleurs que ce resto, mais bon...il faut de tout pour faire un monde.
Écrit par : Princesse Fiona | 13.04.2009
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